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De nos chargés de mission :
J. Torres
H. Cuesta
J.Y. Barrère
Lettre ouverte du RNFAA
Aux Adhérents de la FNACA
commémorant le 19 Mars 1962
Les Français d’Algérie, qu’ils soient de souche Nord-Africaine ou de souche Européenne, demeurent reconnaissants aux jeunes Français de métropole qui ont sacrifié un temps de leur jeunesse et parfois même, offert leur vie pour répondre, à l’appel de la République, à l’état de guerre en Algérie.
Ils savent parfaitement que l’immense majorité d’entre eux a loyalement et courageusement rempli les missions qui leur étaient dévolues, quand bien même lorsque c’était au péril de leur vie.
Les Français d’Algérie de toutes origines qui, eux, ont été appelés sur les champs de bataille de Tunisie, d’Italie, de France et d’Allemagne dès 1942, à raison de 16% de leur population, ont gardé au cœur la blessure de leurs morts, de leurs blessés et de leurs disparus de cette époque.
C’est bien sincèrement qu’ils entendent commémorer le sacrifice des morts et des blessés et qu’ils partagent la douleur des familles des disparus lors de la guerre d’Algérie.
Aussi, ils souhaitent rendre un hommage appuyé aux anciens combattants de cette période.
Mais ils ne peuvent que se désolidariser de la célébration du 19 mars 1962 que la FNACA s’acharne à imposer aux anciens combattants français tandis que l’Algérie fête, à juste titre selon son propre point de vue, cette même date pour être celle de sa victoire par capitulation politique de la France.
Au delà de l’humiliation des Anciens Combattants français qui ont militairement gagné cette guerre dans les djebels, il n’est pas acceptable de commémorer ce 19 Mars dès lors que 316 soldats français, prisonniers du FLN à cette date, ont été oubliés aux mains de leurs assassins par le gouvernement de la France d’alors.
Il est indigne de leurs camarades de les oublier, aussi, en laissant croire que le cessez-le-feu unilatéral du côté français a été un arrêt des combats et des horreurs dont l’Histoire témoigne à jamais.
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Il appartient aux anciens combattants d’Algérie - et à chaque adhérent de la FNACA - de s’interroger intimement sur sa conviction à célébrer une date aussi funeste - quand bien même elle est imposée par les statuts de cette association – lorsque 316 des leurs sont alors délibérément exclus de toute reconnaissance, mais, aussi, quand plusieurs centaines des leurs ont été tués entre mars et juillet 1962 et, pire encore, que plus de 100 000 Harkis - que beaucoup d’entre eux ont côtoyé sur le terrain et à qui certains d’entre eux doivent la vie - ont été lâchement livrés à leurs bourreaux.
Les Français d’Algérie n’attendent aucune compassion de ceux qui se sont faits les alliés de l’ennemi en temps de guerre et qui ont marqué de leur idéologie la FNACA à sa création.
Tout au plus espèrent-ils que les adhérents objectifs, responsables et militants d’une association nationale d’Anciens Combattants français se fassent entendre et qu’ils mettent un bémol à une commémoration publique qui humilie tant de leurs camarades, qu’ils aient participé au conflit algérien ou bien qu’ils aient fait partie de l’Armée d’Afrique. Il est bon de rappeler que celle-ci a grandement contribué à la libération de la France de 42 à 45 pour la défense de ses valeurs et qu’elle a été présente sur tous les théâtres d’opérations de la France, de Solferino à Dien Bien Phu, au prix d’énormes pertes humaines…
Le RNFAA souhaite que les Anciens d’Algérie prennent conscience de l’égarement moral et intellectuel dans lequel la FNACA entraîne ses adhérents de bonne foi.
La République française a institué le 5 décembre « Journée nationale d’hommage aux morts pour la France pendant la Guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie » et tous les Français respectueux de la légalité et du souvenir doivent s’y conformer.
LE DIRECTOIRE
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