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20 AOUT 1955
EL-HALIA
Au martyrologe de l’Algérie Française, avec la tuerie du 26 mars 1962 rue d’Isly à Alger et le pogrom du 5 juillet 1962 à Oran, El- Halia s’inscrit également en lettres de sang.
Le 20 août 1955, ZIGHOUT Youssef, successeur de DIDOUCHE, commandant de la wilaya 2 du FLN, membre du CNRA et du CCE, les plus hautes instances du FLN, lance, de sa propre autorité, un simulacre d’insurrection générale sur tout le secteur dont il a la charge.
Il est rusé, brutal et sanguinaire, même avec ses djounouds qui le craignent.
En se servant des civils, en les manipulant à coups de fausses nouvelles il endoctrine, fanatise les foules et les lance sur les « roumis ».
Dans sa propagande, il ne recule devant aucune énormité. En l’occurrence, il fait croire à la population que l’armée égyptienne va débarquer du côté de Collo pour prêter main forte à la rébellion.
Les foules sont armées au mieux de fusils de chasse, mais en règle générale il s’agit de haches, pioches, gourdins. Elles sont encadrées par des hommes de l’ALN.
39 villages sont concernés par ce plan diabolique
Deux de ces villages payeront le plus lourd tribu dans ces massacres : El-Halia et Aïn Abid.
A Aïn Abid la famille MELLO est massacrée avec une sauvagerie inimaginable. Une petite fille de 5 jours est tronçonnée sur le rebord de la baignoire devant sa mère. On ouvrit ensuite le ventre de la mère pour y replacer le cadavre de la nouveau-née. Le père est assassiné dans son lit. Il est amputé à la hache des bras et des jambes.
Une autre fillette de onze ans et la grand-mère de 76 ans sont également massacrées.
Le village d’El-Halia est attaqué de tous côtés vers 11h30 par une foule hurlante excitée par les youyous des femmes. Les hommes appellent au « djihad »
Hystérie collective, un massacre, un bain de sang. 35 morts, 13 blessés laissés pour morts, 3 disparus qu’on ne retrouvera jamais.
Ce même 20 août 1955, le neveu de FERHAT ABBAS, son collaborateur à la direction de l’UDMA, est assassiné à Constantine. Le tueur laisse le « verdict » suivant : Armée de Libération Nationale, juridiction de guerre. Pour collaboration avec l’ennemi, prise de position contre la révolution, la juridiction de guerre condamne le nommé ABBAS ALAOUA à la peine capitale. Exécuté le 20 août 1955. Ce papier dactylographié porte la mention manuscrite suivante « Que les traîtres s’apprêtent à payer, car tout se paie tôt au tard ».
Tout porte à croire que ce message s’adressait à FERHAT ABBAS. Il fut bien reçu puisque le leader de l’UDMA commença à donner des gages au FLN puis y adhéra le 22/4/1956.
Les hommes de ZIGHOUT se retirèrent dès que l’armée intervint, laissant les masses soulevées livrées à la répression. C’était machiavélique.
Le FLN va tirer profit de la répression qui va consacrer le divorce entre les communautés ; divorce qui, selon les chefs de la rébellion tardait à se manifester compte tenu du peu d’enthousiasme des pauvres fellahs à rejoindre les fellaghas.
Pour accentuer ce divorce des musulmans jugés pro français ou trop timorés seront exécutés
Machiavélique et inhumain. Les hommes de ZIGHOUT tireront sur les émeutiers qu’ils avaient soulevés. Les autopsies pratiquées prouveront que beaucoup d’émeutiers ont été abattus par des balles de fusils Mauser que seuls les fellaghas pouvaient détenir.
Dans cette région du sud Constantinois 171 civils européens et 52 musulmans ont été massacrés lors de cette boucherie dans des conditions abominables.
« Rien ne peut donner une idée de cette tuerie, véritable « génocide » écrira JACQUES SOUSTELLE, Gouverneur Général, qui s’était rendu sur place et qui en fut très affecté. Certains avanceront que c’est à cette occasion qu’il aurait « viré sa cuti »
L’action lancée le 20 Août, le fut symboliquement pour marquer le second anniversaire de la déportation du Sultan du Maroc, MOHAMED V .
Ce même 20 août 1955 à Oued Zem au Maroc plus de 150 européens civils et militaires sont tués lors de graves émeutes. Or, la date ces deux actions n’ont d’autre lien.
ZIGHOUT YOUSSEF, originaire du village de Condé-Smendou qui porte aujourd’hui son nom, fut un des principaux participants du Congrès de la Soummam qui s’ouvrit, jour pour jour, un an après l’exécution de son plan machiavélique.
Il fut tué un mois plus tard par les forces de l’ordre au cours d’une embuscade.
Si El Halia est pour nous, pieds noirs, une des pages les plus sombres de la guerre d’Algérie c’est, par contre, pour le FLN et ses dirigeants qui sont encore aux commandes de l’Algérie, un titre de gloire puisque le 20 août est célébré comme la journée officielle du combattant.
Pour illustrer la sauvagerie de cette journée on peut se référer à un extrait du journal « Z ZITOUNA » de la Grande Mosquée de Tunis, en date du 26 Août 1956.
« Mes frères ne tuez pas seulement… mais mutilez vos adversaires sur la voie publique… crevez leur les yeux…coupez leur les bras….et pendez-les ».
GP
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